A-t-on vraiment besoin de savoir si l’«on naît homosexuel»?
«Est-ce qu'on naît homosexuel?». C'est la question à laquelle le professeur Jacques Baltazart tentait de répondre vendredi dans l'émission «Vendredi 13H» d'ULg.TV , la webTV de l'Université de Liège.
«Est-ce qu’on naît homosexuel?». C’est la question à laquelle le professeur Jacques Baltazart, responsable du Groupe de recherches en neuroendocrinologie du comportement au sein du GIGA-neurosciences de l’Université de Liège (ULg) et auteur de Biologie de l’homosexualité, tentait de répondre vendredi dans l’émission Vendredi 13H d’ULg.TV, la webTV de l’Université de Liège.
La veille de la Belgian Pride (qui s’est tenue à Bruxelles samedi 12 mai) et dans la ville dont était originaire Ihsane Jarfi, assassiné mi-avril parce qu’il était gay, Jacques Baltazart explique que les hormones prénatales jouent un rôle incontestable dans l’orientation sexuelle. Et de ressortir notamment la (vieille) étude américaine selon laquelle l’oreille interne des lesbiennes serait plus proche de celle de l’homme que de celle de la femme hétérosexuelle (cliquez sur l’image pour voir la vidéo):
Si le discours du chercheur a une tonalité un peu inquiétante – il travaille sur les effets des hormones sur le comportement, et en particulier sur «le contrôle des différences sexuelles» –, son objectif n’est clairement pas de conduire à penser que l’homosexualité pourrait être évitée, ni «guérie».
Lors de la parution de son livre, en 2010, notre partenaire Gay Kosmopol (qui a depuis laissé la place à Munich and Co) écrivait avec enthousiasme: «en substance, il prouve scientifiquement qu’aucun être humain n’est responsable de son orientation sexuelle, ce qui signifie qu’en la matière culpabilité et culpabilisation sont totalement hors de propos, que ni les parents ni les jeunes qui découvrent leur homosexualité ne sont responsables de cet état de fait, et qu’enfin toute stigmatisation de l’homosexualité par la société ou par les instances religieuses relève de l’obscurantisme».
Il n’empêche, les recherches tendant à prouver que l’orientation est soit innée soit acquise sont toujours risquées. Car si les LGB peuvent y trouver de quoi «rassurer» leurs parents sur leur responsabilité dans l’orientation sexuelle de leurs rejetons, les homophobes peuvent aussi s’en prévaloir pour prôner des thérapies prénatales si elle est innée ou des thérapies de conversion si elle est acquise. Est-ce pour cela que Jacques Baltazart prend grand soin de préciser que «il est bien évident que cette orientation n’est pas présente à la naissance, elle devra se développer de façon post-natale et sur base d’une prédispositions, des interactions éventuelles avec l’éducation ou avec les relations avec les parents pourront alors permettre ou non à cette orientation sexuelle de s’exprimer»?
Comme il le déclarait en 2010, il faut dépasser «le conflit stupide inné/acquis ou nature/environnement. Car tout est interaction entre les deux».
Merci à Thibaut pour l’info.
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