«10 bonnes raisons d’aller à Budapest cet été», par Christelle Foucault, présidente de la FSGL
Que ce soit pour faire du sport, découvrir une ville magnifique ou se montrer solidaire avec la communauté LGBTQI locale, il y a au moins 10 bonnes raisons de participer aux Eurogames 2012.
La Hongrie fait beaucoup parler d’elle depuis la mise en place de sa nouvelle constitution en début d’année par son Premier ministre, Viktor Orban, annonçant un retour en arrière certain pour la démocratie.
La communauté LGBTQI est directement concernée par ce changement de régime: les médias y sont désormais contrôlés, le mariage entre personnes de même sexe semble exclu du champ des possibles et le droit à l’avortement remis en question, pour ne parler que des faits marquants pour les libertés individuelles. Doit-on rappeler également que la gay pride y a été interdite l’an dernier, la préfecture de police de Budapest ayant retiré son autorisation, invoquant des «perturbations excessives pour la circulation» dans la capitale hongroise?
C’est donc dans ce climat que se dessinent les prochains Eurogames, qui auront lieu du 27 juin au 1er juillet à Budapest.
Pour ceux qui s’interrogent encore sur leur éventuelle participation à ce tournoi multisport que sont les Eurogames, voilà quelques raisons d’y prendre part:
- Parce que Budapest est une des plus belles villes d’Europe et la Perle du Danube. Architecture, culture, musique, les richesses de Budapest sont nombreuses. Cette destination est une incontournable des escapades romantiques. Voilà donc une bonne occasion de la découvrir.
- Parce que la période du 27 juin au 1er juillet en fera de fait la destination gay & lesbienne en Europe puisque plus de 3000 participants 2000 accompagnateurs et 4000 visiteurs sont attendus.
- Que vous fassiez du sport ou pas, le programme des conférences et festivités aura de quoi vous régaler: 5 conférences sont organisées pendant les 4 jours de compétition, 50 événements culturels tels qu’une visite guidée de Budapest, un concert de musique classique, le gala de danse de salon pour les couples de même sexe, etc.
- 16 sports sont au programme donc quel que soit votre niveau, cela peut être une bonne occasion de pimenter votre séjour d’un peu de compétition. À noter, Budapest est candidate à l’organisation des Jeux olympiques d’été en 2020. C’est donc un peu leur round d’essai…
- 350 volontaires seront mobilisés pour faire de votre séjour un agréable moment. Et malgré leur quotidien, leurs difficultés à être “out” dans leur pays, ils vont pendant 4 jours se mettre à votre service et tenter de tisser des liens avec la communauté et se montrer à leurs concitoyens tels qu’ils sont, tels que nous sommes: sains et équilibrés et ouverts.
- Parce qu’il ne s’agit pas toujours d’être consommateur d’événements qui nous placent dans un cocon douillet, il est du devoir de la communauté de se montrer solidaire et de contribuer à ce que cet événement soit un succès pour les organisateurs, à ce que la lumière soit mise sur cette ville et ce pays à l’occasion de ce grand rassemblement, pour contribuer à faire évoluer les choses.
- Parce que des femmes et hommes publics du monde entier ont décidé de prendre part à ce grand événement:
• Androulla Vassiliou, membre de la Commission européenne
• Alexander Stubb, secrétaire d’état finlandais
• Ulrike Lunacek, membre du Parlement autrichien
• Kinga Gôncz, membre du gouvernement hongrois
• Uffe Elbæk, le ministre de la Culture danois, ouvertement homo, sera également présent. - Parce que les autorités ne pourront pas se permettre le moindre incident avec la présence de ces personnalités, les jeux seront certes sous haute surveillance mais la sécurité y sera assurée. Et puis, Budapest n’est pas plus dangereuse que n’importe quelle ville pour la communauté LGBT. Un minimum de précautions d’usage s’imposent, valables dans le monde entier: éviter de s’afficher ensemble à proximité d’un stade de foot par exemple, éviter de se promener seul dans des quartiers à risques…
- Parce qu’il serait bien de montrer que la communauté LGBT ne se résume pas à «sex and fun». Parce que le fait de se montrer est un acte politique. Parce que les Hongrois ne bénéficient pas de la même liberté que nous ni des mêmes droits, il est de notre devoir de les aider à lutter contre un régime qui, sans opposition, pourrait devenir totalitaire.
- Parce que nous rêvons tous dans notre vie de faire quelque chose d’«utile», d’avoir un jour le sentiment d’avoir fait notre devoir. Nul doute que l’association Frigo, qui tente de travailler avec les autorités locales dans l’incertitude et les difficultés, chargée de l’organisation de ces jeux, vous sera reconnaissante de votre participation, mais plus encore la communauté LGBT hongroise à qui vous aurez permis, pendant 4 jours, de se montrer au grand jour, comme nous le faisons plus librement en France au quotidien. Parce que nous ne pouvons pas vivre égoïstement de nos privilèges, il faut aller à Budapest du 27 juin au 1er juillet.
Christelle Foucault, présidente de la Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL)
Photo Karl Galim
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