Affirmer que Christian Vanneste «est connu pour ses propos homophobes» n’est pas diffamatoire

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Le sénateur EELV de l'Essonne Jean-Vincent Placé était poursuivi pour diffamation par le député UMP du Nord. Il a été en partie relaxé.

Verre à moitié plein, verre à moitié vide aujourd’hui pour Jean-Vincent Placé (photo), le sénateur EELV de l’Essonne. L’ex-conseiller politique de Cécile Duflot était poursuivi pour diffamation par Christian Vanneste.

En cause, des propos tenus sur i>Télé en juin 2011. Interrogé sur les déclarations du député UMP du Nord après le rejet de la proposition de loi de Patrick Bloche visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe, et notamment sur l’expression d’«aberration anthropologique» employée par Christian Vanneste, Jean-Vincent Placé s’était exclamé: «Ce type est infâme, voilà la réalité. Il est connu pour ses propos homophobes, racistes, voire antisémites. Ce qui démontre d’ailleurs qu’à la limite, il n’y a pas besoin de voter Marine le Pen pour avoir des députés du Front national. M. Vanneste en est déjà un».

La plainte, examinée le 16 décembre par la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, ne portait que sur la première partie de ces propos. «On peut admettre le débat sur les idées, dire que les idées de M. Vanneste sont conservatrices, ringardes, tout ce qu’on veut, avait déclaré à Yagg Frédéric Pichon, l’avocat de Christian Vanneste, après l’audience. En revanche dès lors qu’on se livre à une attaque personnelle, on n’est plus du tout dans le débat d’idées.» «En l’espèce, nous sommes dans le cadre d’un débat télévisé, où il a été demandé à Monsieur Placé de réagir à chaud à une déclaration de l’un de ses adversaires politiques, soulignait pour sa part Caroline Mécary, l’avocate de Jean-Vincent Placé. Les juridictions considèrent que dans un tel contexte il est possible de critiquer une personne, même en des termes vifs, de celui qui se lance dans l’arène politique en tenant lui même des propos polémiques.»

Dans un jugement rendu aujourd’hui, vendredi 10 février, le tribunal a retenu la bonne foi en ce qui concerne la diffamation sur les propos homophobes et a donc relaxé Jean-Vincent Placé de ce chef d’accusation. Il a en revanche estimé qu’il n’y avait pas d’éléments suffisants pour affirmer que Christian Vanneste était connu pour «ses propos racistes, voire antisémites». Jean-Vincent Placé a été condamné à une amende de 500 euros et un euro de dommages et intérêts.

Photo Jean-Vincent Placé