Pourquoi Brigitte Goldberg, candidate trans’ à la présidentielle, n’a pas visité les locaux d’IBM

Publié le

La candidate du parti Avenir 2012 devait effectuer une visite chez IBM France mardi. Elle a finalement préféré annuler cet événement.

Que s’est-il passé pour que Brigitte Goldberg, candidate trans’ à la présidentielle, en vienne à annuler sa visite dans les locaux d’IBM France, pourtant lauréate du prix de l’Audace grâce à sa politique en faveur des LGBT? Un communiqué de presse publié par l’équipe de la candidate laisse entendre que la société informatique n’est en réalité pas si audacieuse que cela. IBM France serait trop frileuse pour «considérer qu’une personne transsexuelle puisse faire de la politique».

Dans ce cas, pourquoi la société aurait-elle convenu d’une visite avec une candidate trans’? Plusieurs intervenants d’IBM devaient prendre la parole à cette occasion et le communiqué envoyé par l’équipe de campagne d’Avenir 2012 à la presse indiquait que «Brigitte Goldberg se tiendra à votre disposition pour toute interview et conférence de presse». C’est cette phrase apparemment anodine qui est à l’origine de la discorde.

Constance Bordes, directrice de la communication d’IBM France, évoque un «malentendu». «Pour nous, c’était une réunion de travail, on ne pensait pas accueillir la presse, a-t-elle indiqué à Yagg. IBM n’a pas vocation à prendre part au débat politique. J’aurais répondu la même chose à François Hollande ou à Nicolas Sarkozy.» En l’occurrence, sa réponse à l’équipe d’Avenir 2012 indiquait que la visite aurait lieu «à titre privé» et que «seule la politique de diversité sera évoquée».

Jugeant ces «restrictions (…) pas acceptables», Brigitte Goldberg a préféré annuler sa visite, reprochant à la société de l’empêcher de «parler d’autre chose que des problèmes qui lui sont spécifiques». «J’ai peut-être eu tort, j’ai peut-être surréagi, confie Constance Bordes. Mais cette visite ne pouvait pas être récupérée à des fins électoralistes.» Pour elle, le but était de «faire avancer des choses dans l’entreprise», mais finalement, personne n’en a profité.

[mise à jour, 15h] Après publication de l’article, Brigitte Goldberg tient à apporter les précisions suivantes: «Mme Bordes était parfaitement au courant que cette visite se ferait dans le cadre de ma campagne et qu’elle serait médiatisée, (un mail lui avait été envoyé le 15 décembre à ce sujet), écrit la candidate à la présidentielle dans un mail à Yagg. Permettez-moi également de douter qu’elle puisse refuser la visite de son entreprise au président Sarkozy.»

Photo IBM France