Le défenseur des droits et l’OIT se penchent sur les discriminations à l’encontre des LGBT
Les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ont fait l’objet d’un focus dans le cinquième baromètre sur les discriminations au travail réalisé par le CSA. Dominique Baudis, défenseur des droits, et Jean-François Trogrlic, du Bureau de l’Organisation internationale du travail (OIT) en France, ont dévoilé ce matin dans un rapport les résultats […]
Les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ont fait l’objet d’un focus dans le cinquième baromètre sur les discriminations au travail réalisé par le CSA.
Dominique Baudis, défenseur des droits, et Jean-François Trogrlic, du Bureau de l’Organisation internationale du travail (OIT) en France, ont dévoilé ce matin dans un rapport les résultats du cinquième baromètre sur les discriminations au travail. Mené par l’institut CSA, ce sondage a été réalisé auprès de plus de 1000 personnes, aussi bien chez les salariés du privé que ceux du secteur public. Appelés à faire part de leur ressenti en tant que témoins ou victimes de discriminations, les sondés se sont aussi prononcés sur la question du handicap, avant de donner leur avis sur la façon dont l’identité de genre et l’orientation sexuelle sont traitées dans le monde de l’entreprise.
La discrimination autour de l’orientation sexuelle est abordée par le prisme du coming-out dans cette enquête: «les personnes interrogées sont partagées quant à l’opportunité de dévoiler leur homosexualité à leur entourage professionnel», écrivent les auteurs du rapport. Pour les sondés, cela relève avant tout de «l’ordre privé». Le collectif Homoboulot, la fédération l’Autre Cercle et l’Inter-LGBT soulignent que «le dévoilement du handicap (…) est plébiscité par le panel » tandis que « la révélation de son orientation sexuelle et de son identité de genre reste incomprise et met mal à l’aise entre eux les salariés (pour 46% des répondants) et les agents de la fonction publique (51%)».
Les personnes interrogées redoutent en fait les difficultés qui peuvent résulter du coming-out: pour 17% d’entre elles dans le secteur public et 13% dans le privé, les homosexuels «out» rencontrent «des difficultés pour exercer leurs fonctions du fait de leurs collègues de travail», voire du fait de la Direction pour 10% des salariés du privé. Or, le baromètre montre que ces atteintes ne sont pas signalées: 61% des personnes sondées ne disent rien, estimant que la situation ne changera pas pour autant.
Le Collectif Homoboulot, l’Autre Cercle et l’Inter-LGBT se réjouissent malgré tout que «le baromètre aborde clairement le sujet de l’identité de genre alors que celui-ci est en général ignoré dans le monde professionnel». Les discriminations dont sont victimes les personnes transsexuelles sont généralement perçues comme graves: pour 78% des salariés du privé et 85% des agents publics, l’employeur commet une grave discrimination s’il refuse de modifier la civilité et le nom de l’employé sur son badge ou dans l’annuaire interne de l’entreprise.
À terme, le Collectif Homoboulot, l’Autre Cercle et l’Inter-LGBT espèrent que «la protection des salariés et agents LGBT» deviendra «une priorité au même titre que l’égalité professionnelle Femme Homme ou le handicap». L’année prochaine, la nouvelle édition du baromètre mettra en regard les résultats obtenus en France avec ceux des autres pays européens. L’occasion de s’inspirer des bonnes pratiques de nos voisins, notamment au Royaume-Uni, où dévoiler son orientation sexuelle au travail est la preuve qu’une entreprise est véritablement gay-friendly.
Photo Xavier Bouchevreau
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