Cédric Chaory, membre Yagg Pro de la semaine: « Un dénominateur commun dans mon parcours: la danse ! »
Cédric Chaory est notre membre de la semaine. Danseur et journaliste, son parcours est atypique. Il évoque pour Yagg Pro son parcours et ses projets.
Cédric Chaory est notre membre de la semaine. Danseur et journaliste, son parcours est atypique. Il évoque pour Yagg Pro son parcours et ses projets.
Votre parcours? Un dénominateur commun dans mon parcours: la danse ! J’ai obtenu mon DEUG Histoire de l’Art et ma Licence Art du spectacle Danse au début du nouveau millénaire tout en suivant une formation professionnelle de danse très intensive qui m’a permise d’intégrer des compagnies de danse contemporaine, de faire du cabaret et diverses figurations. Mais très rapidement j’ai préféré le journalisme à la scène. Direction : l’ile de La Réunion pour décrocher mon Master. J’avoue avoir eu peu de temps pour les baignades dans le lagon car j’ai enchaîné les stages au sein de RFO (actuel France Ô) en télé et radio, sans oublier des piges dans la PQR et la presse magazine de l’ile. Des opportunités que je n’aurais jamais eues en métropole vu la masse d’étudiants en quête de stage. J’ai eu le courage (l’inconscience ?) de proposer et d’animer la première émission radiophonique LGBT du service public. Un joli fait d’armes!
Depuis mon retour en métropole je pige dans la presse gay, féminine, politique tout en animant un portail d’actualité de la danse www.umoove.fr. Sans rien connaître de la complexité d’Internet, je me suis improvisé geek et ai monté ce site qui jouit aujourd’hui d’une belle renommée. Sans doute une carte de visite qui saura me faire quitter définitivement mon job alimentaire.
Votre actuel emploi? En plus de ma casquette de pigiste, je suis actuellement employé au sein d’un groupe de retraite complémentaire. Je m’occupe d’un centre de gestion d’abonnement, celui du magazine senior Pleine Vie. Cette activité s’éloigne certes du pur rédactionnel pour lequel j’ai été formé mais me permet de découvrir l’autre côté du miroir de la presse. La fabrication du magazine, la gestion des abonnés. Il y a un peu de marketing, un peu de comptabilité, de contact-clientèle, beaucoup d’administratif. Une expérience enrichissante mais dont j’aimerais tout de même m’émanciper.
Vos projets? A bientôt 34 ans, j’avoue ne plus trop savoir si je dois persévérer dans la presse écrite. Ma spécialisation en art vivant, et spécifiquement la danse, ne m’ouvrant évidemment pas beaucoup de portes. Devrais-je booster mon site Internet et lui penser un modèle économique viable ? Devrais-je songer à un FONGECIF en me formant à une toute autre activité dans la communication ?
La réalisation de documentaire dédié (encore une fois) à la danse m’anime aussi. Je finalise aujourd’hui la rédaction d’un projet de film qui ira dans cette voie. Je vous en dirais plus si d’aventure mon projet aboutit !
Votre plus beau souvenir professionnel? Certainement le jour où le directeur de la programmation de RFO Radio m’a dit : « OK pour l’animation de votre émission LGBT « Komildiz ». Je me suis retrouvé devant le micro avec mes notes, à ânonner fébrilement des brèves et lancer des disques de Grace Jones et Kylie. Les fois d’après j’étais beaucoup plus à l’aise.
Il y a eu aussi un autre beau souvenir, relatif lui à ma carrière de danseur. J’ai passé une audition pour intégrer la compagnie d’Angelin Preljocaj. Ce chorégraphe était à l’époque mon idole. Sur les dizaines et les dizaines de postulants, trois seulement devaient être retenus. Je fus malheureusement le quatrième, mais de passer une journée entière à répéter ses pas, me confronter à des artistes à la technicité irréprochable, de pouvoir adresser la parole au « maître » m’avait mis en transe. Depuis je l’ai interviewé à de nombreuses reprises!
Avez-vous été confronté à l’homophobie dans la sphère professionnelle? Bien évidemment. Des trucs incongrus qui vous laisse perplexe tant ils sont clichés comme « Oh j’ai pensé à toi ce matin car j’ai entendu à la radio que Mylène Farmer sortait son nouvel album!!! » ou plus violents comme des phrases équivoques ou des insultes marmonnées. Cela émane souvent de collègues dont l’étroitesse d’esprit me glace le sang. Partant de là, cela m’affecte peu. Côté direction, je n’ai jamais eu à me plaindre de quoi que ce soit.
Êtes-vous out au travail? Si oui, comment c’est passé le coming-out? Oui je suis out depuis le premier jour car je parle très librement de ma vie en dehors du taf. Je ne me verrai pas comme certains collègues m’inventer des vies pour me cacher derrière. Mon responsable, mes collègues, la RH sait que je suis pacsé depuis de nombreuses années. De là à être un pro-activiste, il y a une marge !
Qu’est ce qu’un réseau comme Yagg Pro peut apporter, selon vous? Tout d’abord je salue l’initiative de Yagg. Yagg Pro est une riche et belle idée qui je l’espère me permettra de faire de fructueuses rencontres professionnelles. A ce jour j’ai pris contact avec quelques journalistes et communicants via votre réseau. J’espère pouvoir les rencontrer prochainement pour échanger sur nos activités respectives, sur la possibilité aussi de travailler un jour ensemble. Je trouve, peut être à tort, plus rassurant d’être sur Yagg que sur Viadéo. Très certainement car il est par essence bien plus friendly. Mon CV cumule de nombreuses expériences dans les médias gays et chaque fois je me demande si cela ne me porte pas, au final, préjudice. En étant sur Yagg ce doute n’a pas lieu d’être.
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