L’activiste ougandaise Kasha Jacqueline privée de visa par le Royaume-Uni
Les autorités ont considéré que sa situation financière ne lui permettait pas d'entrer sur le territoire. Les organisations des droits humains s'insurgent contre cette décision.
«Le gouvernement britannique a refusé un visa à Kasha Jacqueline, éminente activiste LGBT en Ouganda et lauréate 2011 du prestigieux prix Martin Ennals», rapporte le site britannique LGBT Asylum News.
FOYLE PRIDE
Kasha Jacqueline comptait se rendre à Derry, en Irlande du Nord, où elle était attendue pour ouvrir la Foyle Pride, un festival LGBT créé en 1993, dont le point culminant est l’incontournable Marche des fiertés. Mais les autorités britanniques en ont décidé autrement.
Selon le communiqué cinglant des organisateurs, Kasha Jacqueline n’a pas pu entrer au Royaume-Uni en raison «d’inquiétudes autour de sa situation financière en Ouganda. Une question qui ne s’était jamais posée auparavant, faisant du Royaume-Uni le seul pays de sa tournée internationale à [lui] refuser l’entrée».
De son côté, Kasha Jacqueline a déploré l’attitude des autorités britanniques. «C’est vraiment dommage qu’ils pensent que je veuille rester au Royaume-Uni, a-t-elle déclaré, citée par LGBT Asylum News. Je n’ai pas terminé ce que j’avais à faire et c’est pourquoi je reste en Ouganda».
LGBT OUGANDAIS
Kasha Jacqueline est devenue célèbre dans le monde militant pour son combat en faveur des droits des LGBT ougandais. Parmi ses compagnons de route se trouvait le militant David Kato, assassiné en janvier dernier à son domicile.
Kasha Jacqueline fait partie du Top 100 des personnes qui ont le plus contribué à améliorer la vie des femmes et des filles dans le monde, selon le classement publiée par l’ONG Woman Deliver en mars 2011 (lire Kasha Jacqueline, activiste lesbienne ougandaise et «véritable héroïne»).
En mai, c’est la consécration: elle est désignée lauréate du prix Martin Ennals «pour son travail sur les droits des LGBT et des personnes marginalisées en Ouganda». Un prix décerné par des associations de défense des droits humains telles que Amnesty International et Human Rights Watch.
Pour faire revenir le gouvernement sur son refus, les organisateurs de la Foyle Pride ont lancé une pétition en ligne.
Photo DR
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