Mobilisation pour un homosexuel sénégalais à Grenoble

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En France depuis un an et demi, Abdou, gay sénégalais réfugié en France, a été arrêté chez lui lundi dernier.

Abdou vit en France depuis 18 mois. Pendant un an, il n’a pas osé sortir de chez lui, par peur d’être arrêté. Depuis quelques mois pourtant, n’y tenant plus, il a pris contact avec les associations LGBT locales.

Abdou a fui le Sénégal après que son père l’a rejeté en raison de son homosexualité. Il est soutenu par sa mère, qui a quitté son père après ce rejet et est venue avec lui à Grenoble, explique un communiqué du collectif homo C.I.GA.LE.

ARRÊTÉ CHEZ LUI
Abdou a effectué des démarches pour obtenir un titre de séjour, en vain jusqu’ici. Depuis qu’il est en France, il vit dans la peur d’être interpelé, il a mis plusieurs mois à se décider à prendre contact avec d’autres homos, au sein des associations Rando’s et À jeu égal, et même là, il repartait toujours avant la tombée de la nuit. Des précautions inutiles puisque lundi dernier, le 11 octobre, c’est chez lui qu’il a été arrêté. Il s’est vu signifier l’obligation de quitter le territoire français sous 72 heures. Transféré au centre de rétention administrative de Lyon-St-Exupéry, il a été présenté hier au tribunal, qui l’a maintenu en centre de rétention.

Abdou a fait une demande de « protection subsidiaire », en vertu de l’article L. 712-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, selon lequel « le bénéfice de la protection subsidiaire est accordé à toute personne qui ne remplit pas les conditions d’octroi du statut de réfugié ». Cette demande doit être examinée dans les prochains jours. Si elle est rejetée, Abdou sera renvoyé au Sénégal.

« Un retour dans son pays d’origine pourrait s’avérer fatal pour lui en raison de son orientation sexuelle, précise la pétition en ligne lancée par l’association À jeu égal. L’article 319 du code pénal sénégalais prévoit que « sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans, quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe. Si l’acte a été commis avec un mineur de 21 ans et moins, le maxi­mum de la peine sera toujours prononcé ». La population fait également courir aux homosexuels des risques très graves, comme lors de chasses aux goorjigen (terme péjoratif qui signifie littéralement « homme-femme » en wolof) qui ont lieu régulièrement à Dakar. »

« IL NE SAURAIT ÊTRE QUESTION DE LA DÉPÉNALISATION DE L’HOMOSEXUALITÉ POUR LE SÉNÉGAL »
En décembre dernier, le ministre des Affaires étrangères sénégalais déclarait : « Il ne saurait être question de la dépénalisation de l’homosexualité pour le Sénégal qui a ses croyances religieuses et sociologiques et où l’écrasante majorité de la population croit en Dieu et à l’islam ».

Outre le collectif C.I.GA.LE, Abdou a reçu notamment le soutien de SOS Racisme Loire et de la LGP Lyon. Une réunion de coordination des associations est organisée ce soir. Les associations appellent à signer la pétition et à faxer une lettre, dont le modèle est disponible sur le site d’À jeu égal, au centre de rétention.

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