Journée du souvenir: Hubert Falco, secrétaire d’État aux Anciens combattants, mentionne les homosexuels

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Tour d'horizon des cérémonies de la 65e Journée nationale du souvenir de la déportation, grâce au compte-rendu détaillé du Mémorial de la déportation homosexuelle (MDH).

Hier, dimanche 25 avril, avait lieu la 65e Journée nationale du souvenir de la déportation. À cette occasion, des cérémonies étaient organisées un peu partout en France. Les associations LGBT, qui demandent que la déportation pour motif d’homosexualité soit reconnue, y ont été diversement associées. Tour d’horizon, grâce au compte-rendu détaillé du Mémorial de la déportation homosexuelle (MDH).

À Paris, Marseille (pour la première fois), La Rochelle, Nîmes, Montpellier, Nantes, Strasbourg (où pour la première fois, les mots « tsigane » et « homosexuel » ont été prononcés), Lyon, Évry, Montreuil, Arcueil, Lille, les associations ont participé aux cérémonies officielles.

À Bordeaux, contrairement aux années précédentes, le délégué du MDH, Julien Pellet, n’a pas été invité, malgré une lettre cosignée avec le Grand Rabbin de Bordeaux Alain Nacache au préfet de la Gironde « demandant la citation de tous les motifs de déportation, conformément à l’esprit de cette commémoration et parallèlement aux vœux exprimés en 2009 par le maire de Bordeaux, Alain Juppé ».

À Tours, une cérémonie distincte a été organisée par la Lesbian and Gay Pride Région Centre, en présence de plusieurs élu-es de la municipalité et du conseil général.

À Metz, où un fac-similé de la plaque commémorative présente au Mémorial national de la déportation à Paris, citant tous les motifs de déportation, a été installée non à proximité du Monument aux Morts où sont déposées les gerbes mais dans un bâtiment à proximité, contrairement aux demandes de Couleurs Gaies, l’association est « passée en force à un moment de la cérémonie pour déposer sous la plaque plutôt que sous le monument une gerbe tricolore avec un ruban portant la mention « À tous les déportés ».

À Nice, enfin, les associations de déportés ont catégoriquement refusé les propositions du préfet des Alpes Maritimes, qui a néanmoins invité les associations LGBT. Celles-ci ont « déposé leur gerbe au cours d’une cérémonie complémentaire après la cérémonie officielle et en présence de plusieurs élus locaux et nationaux, de droite et de gauche ». « Ce lundi matin, Vincent Péchenot [le délégué du MDH] a été convié par Christian Estrosi, maire de Nice, à une réunion à 11h45 dans les locaux de l’Hôtel de Ville, réunion à laquelle il avait également invité le préfet des Alpes Maritimes, rapporte le MDH. À l’issue de cette rencontre, le maire et le préfet ont pris des engagements fermes à ce que l’épisode d’hier ne se reproduise plus. Christian Estrosi a tenu à annoncer le résultat de cette réunion à l’occasion d’une conférence de presse qu’il a tenue en présence et avec les militants LGBT ».

Dans son communiqué, le MDH relève trois faits marquants: « la mention des homosexuels déportés par Hubert Falco dans l’allocution que le secrétaire d’État aux Anciens combattants a prononcé lors de la cérémonie nationale à Paris », l’écrasante majorité des cérémonies auxquelles participaient des délégués du MDH et/ou des associations LGBT ont été l’occasion de saluer la mémoire de Jean Le Bitoux, fondateur du MDH » et « la politique des petits pas a permis une évolution positive dans telle ou telle ville sans pour autant occulter les blocages manifestes qui persistent dans d’autres ».

« Prenant acte de la situation particulièrement bloquée et délétère dans les villes de Bordeaux, Metz et Nice, le MDH va immédiatement saisir M. Hubert Falco, secrétaire d’État aux Anciens combattants afin qu’il rappelle à l’ordre les préfets et les services préfectoraux de la Gironde et de la Moselle. (…) Les circulaires et des discours ministériels, les interventions de la Halde doivent trouver une traduction concrète et effective sur le terrain. (…) Il appartient également aux responsables nationaux des fédérations de déportés d’intervenir auprès de leurs représentants pour les ramener à la raison. Ils seraient d’autant plus entendus s’ils commençaient eux-mêmes à mentionner dans leur message annuel l’ensemble des victimes de la déportation en n’occultant plus comme ils le font depuis des années les homosexuels, les républicains espagnols, les francs-maçons, les handicapés physiques, les déficients mentaux et les droits communs. »

Photo via le blog de Dominique Boy Mottard, conseillère générale du canton de Nice 7

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