Kiss-in: L’Inter-LGBT et le Centre LGBT Paris IdF appellent à la mobilisation

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Après la décision des organisateurs du kiss-in parisien de le déplacer celui-ci, l'Inter-LGBT et le Centre LGBT Paris IdF apportent leur soutien à la manifestation.

Après la décision des organisateurs du kiss-in parisien de déplacer celui-ci du Parvis de Notre Dame à la place Saint Michel (lire notre article), l’Inter-LGBT et le Centre LGBT Paris IdF apportent leur soutien à la manifestation, qui se tiendra donc demain, dimanche 14 février, jour de la Saint-Valentin, à 14 heures.

« Les organisateurs ont reçu des menaces d’extrémistes religieux et selon la préfecture de police la sécurité de ce happening ne pouvait être assurée, rappelle Christine Le Doaré, présidente du Centre, dans un communiqué. Aucune force réactionnaire ne devrait ainsi pouvoir imposer son point de vue et compromettre une sympathique action de visibilité ; s’embrasser dans la rue, expression de l’amour et ou du désir que se portent deux personnes, n’est pas interdit en France et les rassemblements et manifestations autorisés par la préfecture doivent être protégés, si nécessaire. »

LA PRÉFÉCTURE DE POLICE DE PARIS CRITIQUÉE
« Le groupe organisateur n’est probablement pas très aguerri, les kiss-in sont relativement récents en France, souligne-t-elle. Nous pensons qu’ils n’auraient pas dû céder aux intimidations des extrémistes religieux catholiques et exiger, comme des associations plus expérimentées l’auraient fait, une protection policière efficace. Le choix du lieu du kiss-in n’était pas anodin et accepter son déplacement c’est admettre que la Préfecture puisse ne pas garantir les droits et libertés de rassemblement pacifiques d’un groupe de personnes homosexuelles au profit d’un groupe d’extrémistes catholiques, ce qui tout de même n’est pas banal ; c’est aussi restreindre la force symbolique de l’événement. À St Michel au milieu des étudiants et des touristes c’est acceptable, ailleurs, et devant Notre Dame, c’est scandaleux et dangereux ! »

« Nous luttons pour l’égalité des droits et le respect des différences, insiste-t-elle. Pour faire reculer les préjugés, ces nouvelles formes d’actions s’ajoutent au travail de fond entrepris par les associations depuis des années. Les organisateurs du kiss-in ont accepté le déplacement à St Michel, alors même si nous le déplorons, nous les soutenons, sommes solidaires de leur action et invitons toute personne disponible et convaincue que l’amour n’est pas réservé aux seules personnes hétérosexuelles à les rejoindre ».

UNE ACTION SYMBOLIQUE BON ENFANT
Même son de cloches du côté de l’Inter-LGBT : « Là où l’on aurait pu attendre que la Préfecture de Police de Paris assure la sécurité d’une action symbolique bon enfant qui ne dure que quelques minutes, celle-ci a cru bon d’inquiéter les organisateurs en leur expliquant n’être pas en mesure de le faire. L’Inter-LGBT dénonce et condamne cette attitude, et déplore qu’elle ait dû conduire à un tel choix ».

Dans son communiqué, l’Inter-LGBT « tient à rappeler que le parvis de Notre-Dame est un espace public, que l’action qui devait s’y dérouler n’était en rien une provocation anti-religieuse, mais la simple manifestation de l’amour que peuvent se porter deux personnes de même sexe, amour qui est reconnu et garanti par la loi. Il est inquiétant qu’au nom de la religion certains n’hésitent pas à prévoir de frapper deux personnes pour le simple fait qu’elles s’embrassent ».

Et de conclure : « Compte-tenu des menaces qui ont été proférées et qui continuent à peser sur l’événement et ses organisateurs, l’Inter-LGBT demande à toutes ses associations membres de venir témoigner de leur soutien à cette initiative en y participant nombreuses et nombreux. Notre présence sera une réponse aux obscurantismes ».

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