« Le Baiser de la Lune »: Nadine Morano soutient Luc Chatel, Stéphane Guillon brocarde Christine Boutin
Si Nadine Morano soutient Luc Chatel, ce n'est pas le cas du SNUipp-FSU ni du Planning familial. Quant à Stéphane Guillon, c'est sur Christine Boutin qu'il concentre ses piques.
Les réactions sur le dessin animé Le Baiser de la Lune continuent et c’était ce matin au tour de Nadine Morano, secrétaire d’État à la Famille, de s’exprimer sur RTL sur cette question et de « soutenir complètement » la décision du ministre de l’Éducation Luc Chatel (répondant à la demande de Christine Boutin) de ne pas diffuser ce court-métrage (lire notre article) dans les classes de CM1/CM2.
« Il y a des outils pédagogiques qui sont mis à disposition, d’ailleurs par l’Éducation nationale, au niveau du collège et du lycée, a déclaré Nadine Morano. Au CM2, on n’en est qu’à la découverte de l’anatomie. Je crois qu’il faut procéder par étape en terme d’éducation et Luc Chatel a raison sur ce sujet. Et pourtant, Dieu sait si je fais partie de ceux qui mènent des combats très forts contre l’homophobie. »
Regardez ci-dessous l’extrait de l’interview de Nadine Morano:
httpv://www.youtube.com/watch?v=UJit7E9Fm_A&feature=player_embedded
Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez ici.
Ce soutien à Luc Chatel est loin d’être partagé par les syndicats d’enseignants. Hier, le premier syndicat du primaire, le SNUipp-FSU (Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et professeurs d’enseignement général de collège), défendait Le Baiser de la Lune dans un communiqué.
« L’ÉCOLE PEUT CONTRIBUER À FAIRE RECULER CES STÉRÉOTYPES
« Il est choquant que le ministre estime qu’il est prématuré d’aborder ces questions à l’école primaire et que le film (…) soit interdit d’utilisation en primaire alors qu’il n’est pas encore achevé », a indiqué le syndicat, dans un communiqué, demandant à Luc Chatel de « faire confiance aux enseignants des écoles ».
« Tout montre que les stéréotypes et les comportements discriminatoires se construisent très tôt dans l’histoire individuelle. (…) en tenant compte de l’âge des élèves et de leur maturité, en travaillant avec les parents d’élèves, l’école peut contribuer à faire reculer ces stéréotypes et ces discriminations, explique le SNUipp-FSU. Dès la maternelle il est possible de parler de la diversité des familles et de parler d’amour à partir des interrogations des enfants, de la lecture d’albums ou de travailler à partir d’autres documents pédagogiques. »
Une position largement soutenue par l’ensemble du monde éducatif et par les associations de parents d’élèves. Vendredi dernier, c’était le Mouvement français pour le planning familial qui demandait déjà à Luc Chatel de « revenir immédiatement » sur cette position, dans une lettre ouverte adressée au ministre et transmise à la presse.
« NE NOUS ÉTONNONS PAS QUE L’HOMOPHOBIE SOIT AUSSI PRÉSENTE DANS NOTRE SOCIÉTÉ »
« Cette décision nous surprend et nous indigne, écrivait le Planning familial. Nous pensons au contraire que l’école élémentaire est un moment idéal pour aborder ces questions. (…) les préjugés et le rejet vis-à-vis de l’homosexualité et des personnes homosexuelles sont extrêmement vivaces, notamment en milieu scolaire. »
« Si l’homosexualité est un tabou à l’école, ne nous étonnons pas que l’homophobie soit aussi présente dans notre société », a conclu le Planning dans sa lettre ouverte, ajoutant que « comprendre n’est pas inciter ».
Mais c’est finalement le chroniqueur Stéphane Guillon, lors de l’émission de Thierry Ardisson Salut les terriens, avec son humour décapant, accompagné d’une bonne dose de vulgarité, qui a exprimé si clairement une pensée que beaucoup partagent « Nous c’est Christine Boutin qui nous fait peur! ».
Regardez ci-dessous l’extrait de l’émission:
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