Posté sur la communauté: « Souriez, c’est un cliché », par Septembre
Mi-janvier, Septembre croisait son ex, ce qui la poussait à une réflexion sur la rupture et l'après-rupture. Une rencontre pourrait bien infléchir ses conclusions…
Mi-janvier, Septembre croisait son ex, ce qui la poussait à une réflexion sur la rupture et l’après-rupture. Une rencontre pourrait bien infléchir ses conclusions…
Souriez, c’est un cliché, par Septembre
Et voilà que je m’inscris en faux contre ce que j’ai écrit la dernière fois. À croire que la vie a l’esprit de contradiction. Précédemment, donc, je m’interrogeais sur le potentiel atomique d’une rupture pourtant déjà poussiéreuse, et ce, à dire vrai, non sans une certaine amertume. Dix jours plus tard, je change de regard sur mon engluement dans le passé. Entre les deux, une fille.
Récapitulons: dans l’épisode précédent, je croisais la femme que j’avais aimée pendant sept ans, et si cet événement ne suscitait aucune nostalgie en moi, en revanche constater que cette fugitive rencontre réveillait ressentiment, lassitude et dépit, comme s’il manquait le point final d’un roman, m’avait passablement déprimée et laissée incertaine quant à ma capacité à éprouver un semblant d’émotion pour qui que ce soit d’autre. En somme, cet événement sans grand intérêt factuel, au fond, me mettait le nez dans ce que je subodorais depuis quelques années: j’étais dans une impasse sentimentale, et disons-le tout crûment, à deux doigts de proclamer « Baiser, oui, Aimer, non » devise nationale de mon État personnel.
Voilà pour le contexte.
Par conséquent, quand, impromptu, une jeune femme tomba de je-ne-sais-où et sans grande ambiguïté entre deux spams dans ma boîte mail, c’est plus par réflexe que je lui proposais d’aller boire un verre que par véritable émotion. Dans mon arrière-plan spleenesque, en outre, son cran m’amusait et, avouons-le, m’impressionnait. Je lui devais au moins de la rencontrer. Pour autant, je ne me faisais pas d’illusion, nous ne serions sans doute l’une pour l’autre qu’un divertissement érotique.
Sauf qu’à la voir entrer dans le bar où je l’attendais, il y eut un quelque chose du flaubertien « ce fut comme une apparition ». Elle était jolie, extrêmement jolie. Ne pas s’emballer. Sauf qu’au cours de la conversation qui suivit, elle démontrait qu’elle était drôle (cliché), intelligente (cliché) en plus d’être jolie (cliché). Ne pas s’emballer. Sauf qu’à mesure que la soirée avançait, j’avais la sensation qu’un petit plaisantin mettait sous vide mes intestins.
– Au fait, tu as faim?
– Hem, non, pas du tout.
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