Mariage au Mexique: Le Parquet saisit la Cour suprême, la capitale s’apprête à riposter

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En décembre, la ville de Mexico ouvrait le mariage aux couples homos. Un peu plus d'un mois plus tard, le ministère public a saisi la Cour suprême, mais la capitale est décidée à ne pas se laisser faire.

La ville de Mexico ouvrait, le 21 décembre dernier, le mariage aux couples de même sexe (lire notre article). Une grande première en Amérique Latine ! Les députés de l’Assemblée du District fédéral, c’est-à-dire de la capitale mexicaine, avaient alors modifié le code civil local. Une avancée significative mais franchement exceptionnelle dans le pays : la ville est administrée par la gauche, minoritaire dans le reste du pays. Mexico s’affirmait comme initiatrice des grandes réformes, à l’instar de la loi sur la dépénalisation de l’avortement en 2007, dans un pays très traditionnel et très catholique, où l’Église s’oppose fortement à toutes ces initiatives.

Mais mercredi dernier, le Parquet général de la République a déposé un recours auprès de la Cour Suprême du Mexique contre l’ouverture du mariage aux couples homosexuels dans la capitale. Cette légalisation serait anticonstitutionnelle, tout comme l’autorisation d’adopter également accordée aux couples homosexuels par la mairie autonome de la capitale. « Elle sort du cadre constitutionnel de la protection de la famille et ne respecte pas le principe de légalité car elle n’a pas pris en compte la priorité de l’intérêt supérieur de l’enfant, » affirme le Parquet général.

UN RETOURNEMENT DE SITUATION QUI SUSCITE L’INDIGNATION
« Le Procureur fédéral [équivalent du ministre de la Justice, ndlr] est l’avocat du pouvoir exécutif fédéral et il n’est pas de son ressort de décider des lois de la capitale, » s’est indigné Marcelo Ebrard, le maire de Mexico, évoquant « une grave erreur du Parquet ».

David Razu, député du Parti de la révolution démocratique (PRD) au Parlement de la capitale et initiateur de la loi ouvrant le mariage mariage, a quant à lui dénoncé « une initiative lamentable, contre les droits et les libertés, et sans aucune base juridique ».