Fantasmes « ethniques » dans la drague (2/2) : les sciences sociales face à la fétichisation

Publié le

Les fantasmes raciaux émergent en tant que sujet d'étude dans les sciences sociales. Komitid a interviewé trois chercheurs pour essayer d'obtenir des réponses aux questionnements autour de la « fétichisation » des corps racisés.

fétichisation
Photo d'Oliver Sjöström sur Unsplash
Article Prémium

Les nombreuses ramifications du désir humain, dont la fétichisation, intéressent depuis longtemps plusieurs disciplines du savoir. La littérature est remplie de tentatives d'éclaircir ce sujet. Sade disait que « la vraie façon d'étendre et de multiplier ses désirs est de vouloir lui imposer des bornes ». Plus récemment, et dans une perspective féministe, Virginie Despentes a écrit qu'être « attirée par ce qui détruit nous écarte toujours du pouvoir ». Michel Foucault, de son côté, a interrogé les façons dont on se présente – à soi-même et aux autres – en tant que « sujet de désir ».

Pour ce deuxième volet de notre enquête sur les fantasmes ethniques dans la drague, Nick Rees-Roberts, professeur de communication à l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et co-auteur (avec Maxime Cervulle) du livre Homo Exoticus. Race, classe et critique queer, pointe pour Komitid leur origine. « Les fantasmes raciaux – dont l’origine se trouve bien évidemment dans l’histoire coloniale, postcoloniale et décoloniale – sont complexes. Mais c’est une question très sensible d’un point de vue interpersonnel car l’histoire de l’objectification sexuelle peut trop facilement dominer les relations interraciales. Au fond, c’est une manière d’érotiser le pouvoir social ».

Il poursuit, s'appuyant sur l'observation des applis de rencontre : « Ce qui est évident, sur les applis de rencontre, c’est la manière de penser l’attirance sexuelle comme une préférence personnelle ou individuelle, alors qu’il s’agit d'une prise de position clairement idéologique, parfois raciste ».

Des dissensions existent

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.

Pour continuer la lecture :

Vous êtes déjà abonné•e•s ?<

Identifiez-vous

  • petitcesar

    tiens, on ne parle pas des fétichistes (sic) « non-blancs » qui ne sont attirés que par des blancs. ne me dites pas qu’ils ont des fantasmes de soumission, quand même?? moi, je pense que les goûts et les couleurs, ça ne se disserte pas ^^

  • arnosa

    Qui met en avant TTBM sinon les racisés ?!
    Contribuant ainsi à véhiculer des stéréotypes post coloniaux et en jouant même